Avec le paon, pas, tout sens pas

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Voilà bien des années que je n’ai pas senti la douceur chevrotante d’un vieux auprès du feu. Quoi de plus beau dans la vie d’un homme ? Tous ces souvenirs, toute cette sagesse qui tourmente notre compréhension au plus profond de notre âme. Tout ça c’est bien joli mais c’est con comme un moteur de poubelle. Le mystère de la vieillesse est bien difficile à trancher. Si je n’avais jamais été moi-même un vieux, je ne me permettrais pas d’en parler. Donc je n’en parle pas. Ce qui m’amène très logiquement à évoquer ici un autre sujet bien plus passionnant que la condition vieillote qui n’a d’autre prétention que celle de nous faire rire tant il est vrai que nos anciens sont bien ridicules avec leurs charentaises bordeaux (limite de Le Mans) et leurs bretelles qui radotent dans le creux des oreilles qu’on aurait jamais dû ramasser les haricots à la pleine lune cette année tant il est vrai que des haricots de trois kilos ça ne court pas les rues et encore moins les jupes. Non, aujourd’hui je ne vous ferai pas part de mon dégoût face à ces tas de boue gluants qui font sur eux quand le printemps revient et qui pleurnichent dans nos aisselles telless de pathétiques gazelles fumantes lorsque leur hivers approche. Dans ma jeunesse ma plus folle j’ai accompagné un de ceux-là dans ses derniers instants.
- Victor ! Ahhhhh ! Vict... kuf ! kuf ! Oui, j’oubliais de préciser que je m’étais fait passer pour son neveu. Une histoire d’héritage, je vous passe le blabla habituel.
- Victor ! Ahhhhh ! Victor ! Bon, d’accord je me répète, mais le fait est que ce déchet, au centre de la conversation, n’avait plus toute sa tête.
- Victor ! Ahhhhh ! Victor ! A cet instant il a commencé a devenir un petit peu pénible. Mais une bonne rafale de baffes dans la gueule d’un vieux ça n’a jamais fait de mal à personne et ça soulage.
- Victoir ! Ahhhhh ! Victor ! Je...
- Meurs ? Il était t....
- Vois-tu mon jeune ami, l’obscurité me guette, mon souffle s’épuise, la mort s’apprête à trancher le dernier fil de ma vie...
- Oui, t’es en train de creu...
- Non, non. Ne pleure pas. Je pars la paix dans l’âme. Je veux te donner ce que j’ai de plus cher.
- Un pull ? Un bateau ? Un château ? Un chameau ?
- Rassure-toi mon jeune ami, rien qui n’ait aucune valeur éternelle.
Il eût à peine le temps de terminer sa phrase que la couverture qui lui couvrait les jambes tomba d’une lenteur ridicule. Je sais, ça fait un peu cliché mais on ne change pas un fait historique, merci. Je m’aperçus qu’il ne portait rien sous sa couverture, en dehors d’une touffe de poils qui cachait je ne sais trop quoi. Mais pris de spasme, la touffe de poils s’agita dans tous les sens et apparu une abomination. Le christ ! En chair et... en chair. Dans un dernier souffle il arriva tout juste à me glisser quelques mots à l’oreille : « Mon enfant... je te lègue... le sens... de ...la ...vie... ».
Il mourut paisiblement, dans l’ignorance. Il avait raison ce pauvre homme. A courir derrière son cul, on finit toujours par tomber sur un clou. Mais ce n’est jamais celui qu’on croit...

Tout ça pour dire qu’il faudra s’attendre au pire...

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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