Journal Traverse - 29

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Mardi 15 mai 2018

Mercredi

  • Au réveil, pas de neige, juste une démangeaison opaque sous le pied.
  • Grandir n’a pas grand intérêt si on ouvre seulement la main pour entrevoir des hypothèses.
  • Encore une fois, le chat s’est rétracté et a absorbé la moitié des éléments constituant le noyau terrestre, c’est à dire pas grand chose.
  • Il est midi, j’ai un peu de mal à respirer, ce doit être le chauffeur de taxi qui m’a enfin oublié.
  • En mai 68, je n’étais pas tout à fait né, pourtant je me souviens avoir bu beaucoup d’eau.
  • J’ai soulevé une pierre avec la langue en pensant qu’il s’agissait d’un meurtre.
  • L’ineffable odeur de l’indicible, mais sans l’arrière-goût du non-dit.
  • Je regrette de n’avoir pas dit cela plus tôt, ça m’aurait évité de l’écrire.

Jeudi

  • L’enfance est un plat qui se mange tôt.
  • En bifurquant parmi le événements, j’ai bien compris qu’il n’y aurait plus d’enchanteurs, à moins de découdre sa robe blanche.
  • Il y a une certaine étroitesse d’esprit à vouloir décoder le cynisme.
  • Ma chatte me raconte, probablement à tort, qu’autrefois les rats verts protégeaient les serpents des villes.
  • Au-delà de son aspect exhaustif, il n’y a pas de mal à être mort.
  • Déchirement de l’abondance ! comme une vitre cassée inondant les rues.
  • Là où s’arrête la ville, j’achève moi aussi de me répandre.
  • On salue le clown qui quitte le fleuve à dos de sirène parce qu’il a accroché sa sandale à une arrête.

Vendredi

  • Quelques crocodiles se sont perdus en cherchant ma baignoire.
  • Le reste est sale, mais vivant ; n’oublions pas la torture.
  • J’ai senti que qu’on me sautait dessus à l’entrée du bus, mais il y a erreur, c’est un psychanalyste.
  • Ce qu’il y a d’étonnant avec l’obscénité du journal traverse, c’est sa transparence.
  • Pour lire le journal traverse, il est plus judicieux de fermer les yeux ; mais pour l’écrire, ils doivent être creux.
  • On oublie généralement de préciser que seuls les imbéciles ont la main leste.
  • Je refuse de disparaître sans laisser de petites boules de terre dans les narines de Jésus.
  • Aujourd’hui, c’est sans avion.

Samedi

  • Le jour des images mythologiques.
  • Le stade est plein de lames qui accrochent le temps, je veux m’enfuir.
  • Et au fond, cachée dans un coin, la pluie.
  • Cette folle s’appelle "drame" et je la crois capable de m’égorger en souriant.
  • Les planètes sont calfeutrées, je respire.
  • Et enfin l’horreur passée, je peux faiblir de joie.
  • Il n’y a pas un seul restaurant ouvert et les portes du couvent sont scellées.
  • La mue au ventre est prête.

Dimanche

  • L’adieu au roi sonne comme un écueil, dans les arbres.
  • Obsession religieuse : le prophète a oublié le cadavre à l’entrée de l’église et rigole.
  • Il est grand temps de commencer une collection de chanteurs.
  • La douleur abrutit les pieds palmés de l’Amphitrite.
  • Je n’ose pas lever les yeux au ciel de peur de m’y retrouver.
  • L’Enfer est pavé de nuages blancs (et accessoirement d’ailes d’anges arrachés).
  • Je me demande comme ce journal traverse fait pour ne pas finir dans un bain de sang.
  • Heureusement, la barque n’a pas brûlé, il est encore temps de partir.

Lundi

  • Comment sortir du puits où j’ai volontairement glissé ?
  • Il existait bien une solution, mais elle consiste à passer par un glaçage idéologique.
  • En formulation pleine, on appelle ça un tas de cendres ecclésiastiques.
  • Obsession religieuse bis : une pointe de miel sur la couronne d’épines et les mouches ne s’en porteront que mieux.
  • Je n’ai pas oublié à quel point ma mémoire est faillible.
  • Même sans les dents, la vieillesse n’est qu’un pont.
  • On m’a refusé l’entrée, alors je fais du zèle (et accessoirement, je succombe à l’antiphonie).

Mardi

  • Au téléphone, les derniers à bétonner sont les plus accidentés.
  • Des arbres et des coccinelles se sont perchées sans l’équateur, on s’amuse.
  • C’est un lendemain où l’on croît.
  • Laisser se percer la mémoire en un écoulement de considérations approximatives.
  • Elle-même fond dans une incroyable demeure.
  • Où que l’on regarde, ce sont les mêmes insectes qui soufflent et meurent.
  • Sous mes chaussures, la mort insignifiante.
  • On ne mesure pas les fluctuations alcooliques lorsque l’on boit du café.
  • Les premiers nés seront les derniers servis. Que ça serve de leçon.
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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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