Journal Traverse - 28

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Mardi 8 mai 2018

Dimanche

  • Les ruines du tertre à venir abandonnent.
  • Bâtir des traces avant de construire leurs vestiges.
  • Vivre dans la peau d’une anecdote doit être terrifiant.
  • Est-ce pour cette raison que mes pieds blanchissent à chaque fois que je frappe la porte d’une sortie de secours ?
  • Les questions sans consistances se perdent dans les restes de mes cheveux blancs.
  • À condition d’oublier le livre et la fumée de cigarette.

Mardi

  • Hier
    • Les boîtes et leurs impressions sont des inventions plates.
    • Je cherche des définitions qui doivent être approximatives.
    • Savoir compter ne prend pas de poids lorsqu’on prépare un départ.
    • Rouge et bleu crus sont vieux.
    • Il n’y a pas d’impossible, juste des écrasements de crânes à coups de plumes (de béton).
    • Je ne sais pas s’il est pertinent d’inconcevoir l’oubli. Mais c’est bien ce qui arrive.
    • Le ventre est liminaire. C’est pour cette raison que mes yeux se battent.
    • La chèvre au sol sèche.
  • Aujourd’hui
    • Longtemps le voyage s’est appelé une métaphore.
    • Il n’y a pas un dieu, dit-on, mais une conjonction d’extraordinaire orange.
    • Au réveil, les quatre tenues épuisées ont cessé de m’appeler.
    • J’ai aperçu un rire à travers la vitre, j’ai cru qu’il allait s’écraser contre un mystère.
    • En Enfer, les opposés s’octroient quelques fers.
    • Je n’ai pas égaré mes pédales pour finir en dent de scie.
    • Ne partons pas sans avoir ramené un peu de voix.

Mercredi

  • La longue latence du repos.
  • Le râleur ne vient pas, il devrait s’enfermer dans sa besace.
  • L’histoire phénoménologique d’une T-shirt troué.
  • J’ai comme une presqu’envie de frapper cette fenêtre qui me griffe la poitrine.
  • Il n’y a pas d’air derrière les poumons.
  • On ne peut cesser de croire à l’invisible qu’à condition de cesser de croire à la fumée.
  • Premières pousses de l’extraordinaire orange.
  • Les mots ne se digèrent pas, car il étranglent.

Dimanche

  • Hier
    • Avant-hier
      • À retenir absolument : flammes et souches se développent en fourche.
      • Il y a malgré tout du vert entre les monts.
      • Des être ridicules singent les moins vieux : des Playmobils.
      • J’ai rencontré le double visage de Byron.
      • Tout de suite la seringue jaune et blanche.
      • La poussière est un départ heureux.
    • Hier
      • La noyade rêvée se vautre en plein filet.
      • J’attrape quelques bourdons fades.
      • À chaque escale, un singulier.
      • Je me réjouis d’une lance anglaise.
      • Cette fois, ils sont efficaces.
      • Comme une lune terrible et rigolote.
      • Le désert respirant.
    • Aujourd’hui
      • Pas de crânes, juste des anges enceints.
      • La pensée d’y mettre un cierge m’a effleurée.
      • Est-ce cette tristesse qui me pincera les narines demain ?
      • Quand je serai libre, la mort cessera de penser à moi.
      • Le sable, à rebours.
      • Je ne sais pas encore dans quel vide je me suis jeté. Mais reconnu qu’il était grand et séduisant : celui qui jongle un peu tous les jours avec mes larmes.
  • Aujourd’hui
    • Le poids du soleil sur les reins.
    • Une indigestion liée à l’extraordinaire orange entre les doigts.
    • On se demande ce que chante le bonze lorsqu’il passe le balais.
    • J’ai porté une limande sur vingt neuf kilomètres.
    • On dit qu’elle est aussi orange que l’extraordinaire orange.
    • J’inhale le sable que l’autre perdu hier soir, derrière l’extraordinaire orange.

Jeudi

  • Hier
    • Avant-hier
      • Autres ressorts, du pied à l’une des têtes.
      • Conter dans une chambre noire l’air des millions d’années.
      • Au loin, il y a des greniers qui disparaissent dans la brume.
      • J’ai encore cru perdre pied (encore, mais ils sont deux cette fois).
      • J’ai interdit à mon ventre d’effacer ses haltères.
      • En retour, il m’a supplié de n’être plus bleu.
      • Alors, je me suis reposé.
    • Hier
      • Guerre déçue, même s’il y a encore quelques vieilles pierres.
      • La douceur est parfois longue, il faut savoir la gloutonner.
      • Le port est vieux, sale. On ne le voit même plus depuis la tâche que j’ai là.
      • Je me suis desséché deux fois : le jour, hier, demain.
      • Curiosité des frères sans nom.
      • Il n’est pas question de courir à cent quatre-vingt degrés. Ni de s’arrêter pour ramoner des fleurs jaunes, et quelques rêches.
      • Le trou définitif dans le chapeau qui s’appelle Dieu.
      • Le reste est une relique.
  • Hier.
    • Les avions recommencent à vrombir au-dessous de mon nez, l’hiver est proche.
    • Quelques yeux bleus, verts et rampants.
    • On les croiraient faux, pourtant ils surchassent la mort.
    • Le pain, au chaud dans une valise, retient encore quelques larmes. Mais je me promet qu’elles ne seront pas les dernières.
    • Quelques dames et une allumette marbrée sont posées sur le tapis, dans le salon.
    • Difficile de savoir où s’enlisera l’adresse. L’amour est ce doigt levé.
    • Une chambre faite pour les peurs derrière.
  • Aujourd’hui
    • J’ouvre enfin la boîte pleine de fromage et je la contemple, noire.
    • J’arme mon estomac pour repartir à la conquête de l’écriture.
    • À chaque descente de train, un kilo de fer et d’argent et plus encore.
    • des ruines, des pierres mais aucun cadavre, juste.
    • Hors série, court, pour le 14 mai.
    • Des routes, des frayeurs et quelques considérations sur la mémoire du journal traverse : la distance, joie, modèle et pétrie la parole.
    • Le 3 mai est probablement moche.

Samedi

  • Hier
    • Où il est question d’un aller et d’un retour sans retour.
    • La porte d’un corps non existant.
    • L’attente porte sur ce qui ne se dit pas.
    • Journal traverse de l’invincible et du dissimulé.
    • Il ne s’agit pourtant pas de vitre : chaque mot est une violence.
    • Le moment où l’on ne boit pas le jeu de main est terne.
  • Aujourd’hui
    • L’attente encore.
    • Cette fois, elle s’organise comme une eau sale, coulant d’un cratère.
    • Le tapis d’enfance sans terre comme si les dernières 24 heures ne s’étaient jamais écoulées.
    • En cessant de respirer, peut-être que les tessons de verre océanique s’écaillent.
    • Et ma vieille copine usée : la grande peur blanche.
    • On reconnaître l’inertie à son enveloppe rigide.

Mardi

  • Avant-hier
    • L’inertie (encore elle) aspire le temps au point que les jours ne racontent plus qu’on oublie. mais quoi ?
    • L’obsession pour la mémoire s’interdit d’être un affolement.
    • Il en faudrait deux, au moins, de ces biscuits pour que reviennent mes doigts fêlés.
    • La promesse du jaune, son amertume.
    • On conduira le monstre rouge pour qu’il mange et nourrisse.
    • On n’échappera pas à l’autre jaune.
  • Hier
    • Les griffent grises ramassent les denrées puantes pour son garde-manger.
    • Un retour encore non consommé de l’ennui.
    • Se vendre un ventre neuf pour encore encore les quelques rois qui descendent de mon lit.
    • Je m’écartèle en chantant sur le tableau noir.
    • Ceux qui coulent n’ont l’odeur de ceux qui brûlent.
  • Aujourd’hui
    • Les tremblements ont cessé, mais les morts se sont difficilement levé ce matin.
    • Les gargouilles m’effleurent et je leur souris en retour.
    • Quelques denrées appétissantes m’ont habitué à l’horreur.
    • Haut et vert, le cellier s’esclaffe.
    • Les tours se joignent dans un cri pâle, il reste juste quelques jours avant le crime.
    • On dira ce qu’on veut, mais la puissance des voix est définitive.
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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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