32 - Sardine, chat, thon-garou

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Lundi 8 juillet 2013

Le retour d’Humphrey - Part Two

J’ouvris donc la boîte que le facteur m’avait livrée et dégustai les les petits poissons - morts pour la plupart - qui s’y trouvaient avec quelques tranches de pain et un ou deux kilos de beurre demi-sel. Je terminai par un yaourt sans sucre afin de faire fondre mes derniers scrupules.

Après m’être levé de table, je commandai à mon épicier favori plusieurs caisses du précieux poisson afin de mettre mon projet en œuvre. Je fus livré dans l’heure et sans perdre une minute m’attelai à la tâche. Pas de difficultés particulières pour les premières boîtes, mais l’huile ne s’était pas contentée couvrir mes doigts. Elle s’étendait son mon plan de travail sans égard pour la précision que requérait l’extraction des colonnes vertébrales. Finalement, ce qui fut le plus éprouvant, je crois, outre la température qui faisait du pied au quotient intellectuel de Nadine Morano (comprenez par là qu’il faisait environ 30° dans ma cuisine mal aérée) et l’odeur d’huile, de me nourrir des dernières sardines dont l’odeur provoquait des nausées éprouvantes. Je résistai, ne voulant pas perdre la face devant le chat avec lequel je n’avais pas voulu partager. Il avait ses croquettes, lui.

Quand tout fut terminé, j’assemblai le tout à l’aide de vieux cartilages de monstres marins collectés au cours de mes balades digestives au fond des mers en souvenir des aventures palpitantes que nous avions partagées Humphrey et moi.

Trois jours et deux nuits d’une digestion rocambolesque après, je me rendis là où j’avais le plus de chances de trouver Humphrey : La barque échouée de Jean-Sébastien Bach. Le compositeur avait quitté le port une nuit de pleine lune pour tenter d’approcher le thon-garou, gardien des échelles tempérées. On ne revit que son embarcation. Admirateur indécrottable de l’organiste, Humphrey ne pouvait que s’y trouver.

Après les politesse d’usage, je lui tendis mon cadeau. Il s’y enfila immédiatement. J’avais vu juste, son spectre s’adaptait à merveille à la structure de vertèbres de sardines que j’avais créée. Peu à peu, son corps reprit consistance et de nouveau, si l’on faisait abstraction de sa peau dégoulinant d’huile, on aurait pu le confondre avec un être humain bien vivant.

Tout ça pour dire qu’il faudra s’attendre au pire...


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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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