Journal Traverse - 52

Mardi 23 octobre 2018

Mercredi

  • Les tensions se laissent doucement manipuler.
  • Le journal traverse agonise. Il est un aller et un retour, le préambule d’un moribond.
  • Le journal traverse n’existe que par sa formulation, son potentiel d’écriture.
  • Le contenu du livre à venir conditionne la métamorphose du journal traverse et le pave d’intentions.
  • La vérité du journal traverse dépasse sa propre débâcle et déborde le sujet qui tente de s’y cacher.
  • Le livre mourant, la mort du livre impossible, le glissement vers le nom du journal traverse, semblable à son propre fantôme.
  • Il y aura un loup, un ours et un homme qui mourront peut-être dès les premières lignes pour laisser place à un autre loup, un autre ours et un autre homme.
  • Le livre à venir sera l’absence.

Jeudi

  • L’étrangeté d’octobre de l’ours se désaffectionne du bateau.
  • Une méta-traversée pour quelques entrée, et une écriture dont la journalisation arrange les possibilités.
  • La substance du monde n’a aucune garantie de sobriété.
  • Empiles les représentation derrière une écriture de l’autre, est-ce palpable ?
  • Le gonflement des algues se palpe avec le nom.
  • Les pourquoi s’annoncent en traînant le poids mort de la culpabilité.
  • Les non-dits seraient-ils plus crédibles avec l’estomac ?
  • Doit-on renoncer au prétexte que le renoncement est lui-même un acte de création ?

Vendredi

  • La puissance du voeu, du sang et des catastrophes s’étend.
  • Il ne restera des listes qu’une folie iconoclaste verte et mûre.
  • Les intellectuels auront beau se défaire de leur omni-prescience, la fleur du sacré aura sa revanche.
  • Et alors l’Enfer deviendra la seule réalité plausible et efficiente.
  • Connaître dieu est admettre sa disparition, son éclatement, l’étalage de ses viscères sur les vitrines des églises.
  • Une fois la peau arrachée, nous prendrons contact avec le non-divin pour en finir avec la scarification.
  • Alors dieu s’ennuiera tellement qu’il se pendra à un clou.
  • Et on rigolera si fort que notre peau se reconstituera de nouveau sur nos muscles, ce qui nous permettra de croire en un nouveau dieu.

Samedi

  • Chaque peine est un jour soulevé par de longs souffles.
  • Aucun sacrement déjeuné ne vaut la parole traverse.
  • Ce qu’il faudra aux clous ainsi nommés pour survivre au déclin ne demande aucun effort.
  • Les sons cachés dans un coffre en bois sont à chercher au milieu des bois, dans la cabane de l’ogre.
  • On a interdit aux ours de manger seuls dans le noir. Qui pour s’en assurer ?
  • Parfois l’ours chante au réveil, mais il s’avère que c’est à chaque fois une illusion.
  • Le lecteur s’habitue à l’effacement des signes au profit de leurs déjections.
  • Je ne vendrai sa peau que pour le libérer.

Dimanche

  • Les siphons grimpent au sol jusqu’à la moelle.
  • Il y a des idéaux qu’on partage en douce pour le plaisir de la guerre.
  • Au réveil, le plateau de pétales s’enfonce dans l’herbe, sous le lit.
  • La victoire est de mauvais augure : sous le plancher, il n’y a que des bouteilles de champagne vides.
  • La déformation du lieu se reconnaît aux phalanges qui le composent.
  • S’endormir dans un pot inconnu est un fantasme de plante cannibale.
  • Le sang radote, raison pour laquelle une éprouvette ne suffit jamais.
  • Otto se fabrique une grande brique pour nager encore plus loin.

Lundi

  • Les paroles se promèneront en riant sous un pommier nu.
  • L’inspiration a été retrouvée morte lors d’un conciliabule éthéré.
  • Toutes les pudeurs portent un nez rouge, surtout les silencieuses.
  • Les performances de Dieu à la chaîne cent quatre sont discutables.
  • Le monde habite-t-il autant d’orgasmes que son contraire ?
  • La nuit commencera lorsque les visions auront éteint leur cimetière.
  • L’effet du diable sur le contentement laisse des traces jaunes sur les draps.
  • La prison serait un moindre mal pour une fougère prétentieuse.

Mardi

  • La pleine lune descend les escaliers l’air de rien.
  • Les listes sont infinies, il faut en déterminer l’érosion.
  • Le problème avance en même temps que sa résolution, à travers l’éthique.
  • La principale échéance est une répétition de la première, mais arrêtée.
  • Le sabotage en règle du cerveau à la valeur déterministe détermine des abrasions.
  • Le courant ne passe que dans un sens et se replie sur lui-même pour se mutiler et renaître.
  • La mythologie n’est pas anodine, elle cicatrise les oranges sanguines.
  • Elles (devinez) devront porter un deuxième nom pour être reconnues.