Journal Traverse - Saison 2 - VII

Dimanche 29 mars 2020

  • Ce journal est à peu près la seule habitude que j’ai réussi à garder, parce que ce n’est pas quotidien. C’est d’ailleurs ce qui change avec ce journal Traverse, saison 2. Pour la première, j’écrivais chaque jour. Une contrainte d’écriture intéressante qui m’a permis d’apprendre (et de comprendre) qu’on peut écrire un livre en un an (hors corrections et relectures) en n’écrivant qu’une dizaine de minutes par jour. Même si je ne suis plus très sûr d’en avoir vraiment envie, le livre à venir est possible.
  • Le reste des projets s’évapore. Une affaire de semaines. Qu’il s’agisse de la thèse ou de mon travail de photographe, c’est pour l’instant compromis. Il y a des priorités. Mais pour la fin de la semaine, j’aurai repris des habitudes : une heure pour la thèse par jour, une heure pour la communication professionnelles. Il ne s’agirait pas de compromettre la reprise de l’activité. L’après confinement est un grand mystère. On peut supposer, pour nous en tout cas, un retour vers une relative normalité, mais rien n’est moins sûr.
  • Humphrey m’a envoyé un télégramme hier soir pour m’annoncer qu’à Beck, les autorités se préparent à une immigration en masse. À Beck, personne ne reste jamais bien longtemps, ce sont des choses qui arrivent et qui passent. Il y a ceux qui partent, déçus, ceux qui meurent. Et les autres. Mais on ne parle pas de ceux-là. Même moi je n’en sais pas grand chose. Je ne suis pas sûr qu’Humphrey non plus. Je lui ai de nouveau posé la question à propos de l’œil : ça ne lui dit rien. Agaçant, à la fin.
  • Chaîne Youtube, projets d’images, écritures, musique... Je ne sais plus vraiment par où recommencer. Il y a le journal Traverse, mais le reste ? Ce n’est pas si imprécis que ça. s’esquissent et ce sont esquissées des choses. Une masse, qui se constitue depuis longtemps, avec ses excroissances et ses bourgeons. Continuer à la nourrir de façon anarchique peut être une stratégie. Mais elle pourrait plomber autant que nourrir. Et ces dernière semaines, beaucoup de perspectives ont été bousculées. Partir à Beck va devenir une nécessité. Par mes propres moyens.
  • L’hiver à Beck peut être supportable. Mais il faut y être arrivé au tout début, tant que c’est encore un hiver frais et surtout, tant qu’on peut profiter de la transition pour passer du rien au tout.
  • J’ai fini de parcourir l’Artbook de John Howe. Ses images (avec celles d’Alan Lee et tant d’autres) sont nécessaires. Je ne peux m’empêcher de penser leur rapport à l’univers de Tolkien dans un sens proche de mon propre rapport à Beck. J’ai à chaque fois envie de construire un monde, de bâtir une mythologie à partir de mes propres monstres, de mes propres peurs, de mes propres dragons intérieurs.
  • L’aventure de Pneumatic Cinéma est captivante, mais je ne vais finalement pas réussir à tenir le rythme. J’espère pouvoir reprendre avant la fin du confinement, mais il y a des priorités et c’est pour une belle raison. Par contre, ça ne m’empêche pas de continuer mes confinements du détail. La contrainte est intéressante, le résultat aussi. La forme très courte poussée dans ses retranchements (à condition que je ne m’arrête pas en chemin), peut déboucher sur des choses étonnantes.
  • Commencé, enfin, à écouter les cours de Philippe Manoury au Collège de France (2017). Qu’on aime ou pas le personnage, j’apprends beaucoup. Pas nécessairement en termes de connaissances factuelles, mais ça me rassure sur ma propre démarche de composition et relance pas mal de recompositions de la composition. Ça devrait participer à la construction de Beck.
  • La question qui se pose et qui se posera sans doute durant les semaines à venir est la suivante : est-il encore possible de faire de la prestation de service comme je l’ai fait avant le confinement ? La question n’est pas de savoir si je trouverai assez de clients pour pouvoir en vivre (j’ai peu de doutes à ce sujet), ni même si j’aimerais toujours ça (tant que je peux tenir le coup physiquement - ce qui ne durera pas éternellement), mais se situe à un autre niveau. Forcément, tout ça, et pas seulement le confinement, amène à des remises en cause (parfois), mais surtout à des prises de conscience qui n’attendait que cela pour avoir lieu. Je pense notamment à l’univers autour duquel je gravite depuis que je suis photographe et qui me plaît de moins en moins (à quelques exceptions près).
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