Journal Traverse - Saison 2 - VI

Jeudi 26 mars 2020

  • Le COVID-19 continue son petite bonhomme de chemin en France. Humphrey n’a rien fait. Je ne sais pas s’il ne veut pas ou s’il ne peut faire quelque chose. Toujours est-il que personne parmi mes contacts ne l’a vu en Italie. On l’aurait aperçu furtivement en Corée, mais ce sont de vagues indices, quelques émanations gravitant autour de quelques sourcils soucieux.
  • Deux nuits à ne presque pas dormir. Peur d’être mis à l’écart, compté parmi les inutiles, les insignifiants, les oubliés de l’équation (c’est déjà pas facile d’être une équation, alors si en plus il manque des morceaux). Et puis, à 18h00, libération.
  • Mardi 24 mars 2020, 22h21 : un avant et un après.
  • Il faut encore attendre quelques jours. Mais pas de cette solitude qui vous prend au ventre pour vous serrer les intestins très fort jusqu’à ce que tout ce qui a de plus sale en vous remonte jusqu’au cerveau. Non. La solitude salvatrice, celle des hauts volcaniques et des bas mouvants. Celle-là, on sait qu’elle se termine bien et pas au bout d’une corde.
  • J’ai la preuve qu’Humphrey ne porte pas de masque, je l’ai vu dans l’œil bleu qui s’est glissé entre deux paupières, dans la transparence de ma main.
  • Ce qui se joue là. Ce qu’il n’aurait pas fallu que je rate. Tellement de reconnaissance. Parfois, on ne soupçonne rien de la vague qui se soulève, qui est en réalité un Tsunami (avec ou sans majuscule). Et elle emporte quoi ? Une part du vide où s’étaient déposés des trucs vraiment pas agréables.
  • Approximations, charlatanisme, irrationnel poussé encore plus loin. L’irrationnel était déjà en partie dans les racines du nazisme. Cette fois, il se nourrit d’un virus visiblement très dodu. Il gagnera une partie de la bataille. Je ne crois pas que l’irrationnel soit une mauvaise chose en soit. Mais il ne doit pas servir de guide ou de mur porteur. Il est mauvais quand il conseille, tente de se faire passer pour le rationnel.
  • Boucler la boucle. Je n’ai pas mis de noms sur les feuilles de papier où on avait tracé de grands points d’interrogation. Je les ai ramassées. Je ne vais pas les brûler. Mais pour l’heure, je n’en ai plus besoin. Je vais sans doute les poser dans un coin, les laisser jusqu’à ce qu’il y ait quelque chose à raconter. Est-ce qu’il y a aura besoin de raconter quelque chose, un jour ? Sans doute, mais quelque chose de plus intéressant.
  • J’ai découvert, enfin, pourquoi la musique et la photographie peuvent être la même chose.
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