La cassette

Depuis quelques jours déjà, Humphrey me faisait peur. Sa peau avait changé de couleur. Il donnait l’impression d’avoir mangé une gamelle de coco de Paimpol avec la cuiller. Seulement, je savais que cela faisait plus de cinq ans qu’Humphrey n’avait rien mangé avec une cuiller. J’étais inquiet. Phénomène curieux, il m’appelait toutes les dix minutes sont mon téléphone fixe. Quand je n’étais pas là, il laissait un message étrange : "le cheval du capitaine mange des citrouilles par la racine". Il y avait visiblement un gros problème, car Humphrey sait depuis la nuit des temps que les citrouilles n’ont pas de racine.

Je me rendis chez lui à dos de poney, accompagné de mon fidèle garde suisse. Nous mîmes plus de six jours à traverser le champs du vieux Oldtimer dont la moitié au moins à traverser le fleuve de lave. Mais le plus difficile, je crois, fut d’affronter les terrifiants gardiens de Nausée, armés de leurs arcs à meringue. Nous affrontâmes Oldtimer lors d’un combat à mort qui s’acheva par la fuite du mort que le vieux fermier avait envoyé combattre à sa place.

Nous nous reposâmes cinq jours dans une auberge pimpante qui sentait la naphtaline. Je dus abandonner mon garde suisse dans sa chambre entre la vie et la mort lorsque le chat du tenancier lui sauta sur les jambes pour le patouner. Aucun être humain, même un garde suisse, ne peut survivre à une telle épreuve. Je ne sus jamais vraiment ce qu’il lui arriva, ni même s’il finalement il survécut. J’en doute.

Avant d’atteindre mon but, il me fallut comme à chaque fois que je rends visite à mon ami, traverser le pays des morts en évitant tout contact (chacun sait que les morts du pays des morts sont chatouilleux et que cela risque d’entraîner une dépendance morbide). Mais je m’en sortis sans trop de difficultés, comme à mon habitude.

Enfin, j’atteignis la montagne enneigée sur laquelle était perchée la maison d’Humphrey. Arrivé au sommet, il m’attendait derrière la porte de sa maison en feu en mangeant des biscottes à la confiture de poireaux. "En veux-tu, mon ami ?". Craignant de le vexer, j’acceptai. Mais lorsqu’il me tendit la main, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’elle était protégée par une paroi de verre impossible à briser. "Je fais des tests d’auto-cuisson", me dit-il. "Mais ce n’est pas franchement convainquant". Je lui demandai pourquoi et il me répondit que son maître fantôme lui avait dit de tenter le coup, des fois que ça règle son problème. Il m’avoua qu’il n’avait pas écouté son aîné, qu’il avait préféré se plonger dans une substance bleue et visqueuse que l’on nomme sur l’île de la "glace paréidolique". "Ça fonctionne ?" lui demandai-je. Il me répondit qu’il n’en savait fichtrement rien dans la mesure où il tenté de reproduire une expérience qu’il avait vu dans un documentaire sur le centre de recherche Beckois, mais que malheureusement quelqu’un avait enregistré autre chose sur la fin de la cassette.

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