6 - Frites, république, nez

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Jeudi 8 novembre 2012

Les événements récents aux États-Unis, rapport à la réélection d’un noir à un poste équivalent à celui occupé par un pantin désarticulé, quelque soit ce dernier, d’ailleurs, ont eu un certain effet catalyseur sur moi, ils m’ont replongé dans un passé trouble dont je tire toutefois une certaine fierté et je ne résiste pas à l’envie de vous narrer une petite anecdote très légère qui se déroule sur le nouveau monde dans les années soixante.

Il était 10h00 du matin et, contrairement à ce qu’on a raconté à cette époque, le jeune homme dont il est question, était plutôt d’humeur optimiste en ce dimanche 24 novembre, persuadé que la vérité ne pouvait que sauter aux yeux du juge et qu’il serait relâché quelques heures plus tard. Bien sûr, il n’a jamais été interrogé dans d’étranges circonstances hors du cadre légal. J’étais présent. On a bien rigolé. Le jus d’orange, concocté à partir d’oranges de Floride pressées par la cantinière, Madame Loupiote (très sympathique, généreuse sur le rab de frites et coquette dans son tablier rose en forme de noix de Saint-Jacques) était excellent, les pâtisseries délicieuses et le personnel policier tout à fit charmant.

Jack était également présent, dans son éblouissant costume trois pièces gris à rayures roses, son chapeau à large bord et sa grande faux. Harvey et lui étaient fous amoureux de chasse ; quant à être fous amoureux l’un de l’autre, j’avoue ne m’être posé la question que bien tard, par une sombre nuit d’automne, alors qu’on venait d’enterrer Samantha, la grand-mère maternelle de Paul Doumer, président de la troisième république de 1931 à 1932. Toujours est-il que les deux hommes avaient justement eu l’intention de terminer une partie de chasse deux jours avant, le 22 novembre, donc. Leur proie les avait menés jusqu’à Dallas, où est arrivé le drame que vous savez.

Le plateau renversé qui servait de bouche à Jack disait le degré d’amertume qu’il transpirait peu à peu, malgré ses tentatives désespérées de voiler ses états d’âme. J’appris par la suite que c’est Dame Guenièvre que les avait envoyés sur la piste de l’animal, pour régler un différend qui la mettait en cause, elle-même, ainsi qu’une bouteille d’eau oxygénée millésimée.

Le 24, re-donc, du même mois, Lee Harvey se retrouvait en garde à vue et nous avec lui. C’est entre deux toasts rhubarbe-camembert qu’il me glissa : « Il faudra leur dire que c’est un malentendu, hein, Humphrey ? On était sur sa piste et j’allais l’avoir. Tu entends ? J’allais lui enlever les miettes de la bouche, lui enfoncer son arrogance bien profond dans le nez. Mais, j’en avais jamais vu avant de ces bêtes là ! Comment j’aurais pu deviner qu’il ne s’agissait pas d’un Dahu ? »

Une heure après, je m’éclipsais pour rapporter un sac de bananes séchées au meurtrier présumé de J.F. Kennedy et Jack tirait sur son amant.

Tout ça pour dire qu’il pleut toujours sur les huîtres quand elles sont fanées.

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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