Retour à la mine

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Quand on marche tête baissée, œillères sur les yeux en pleine nuit, mains dans les poches sur des rochers escarpés au bord d’un précipice avec des sabots, fatalement, la situation peut ne pas se dérouler tout à fait comme un rouleau de soupalin.

Les conséquences avouables sont de deux ordres. D’une part, ce retour en arrière inévitable, bien au chaud au fond du canapé près de la cheminée, preuve d’un zeste d’instinct de conservation preuve (à peu près), d’une relative adhésion au monde animal. Et d’autre part (parce que ça en jette d’écrire un paragraphe avec "d’une part" et "d’autre part dedans", comme quoi ça vaut la peine de faire des études universitaires), et d’autre part, donc, disais-je, la chute, finalement assez prévisible, conjugaison des divers facteurs déjà évoqués plus haut.

Mais plutôt que de faire mon malin parce que, avouez-le, jusqu’à présent cet article est aussi passionnant qu’une motte de beurre prenant le soleil à la plage, cette situation peut humblement et en toute modestie, conduire à une réflexion nouvelle et révolutionnaire.

Prenons donc, le taureau par les rouflaquettes et examinons de plus près ce que nous avons sous les yeux (remontez au premier paragraphe pour que cette phrase ne me fasse pas mentir, mais surtout, il est IMPÉRATIF de ne pas quitter celui-ci des yeux pendant que vous lirez la suite). Bref. Scène du crime. Qu’est-ce qui peut bien amener un individu tout à fait humain (bien que lunatique et lunaire) à se laisser glisser dans une pareille inconscience alors que même pour beurrer une biscotte, il met des gants de crin ?

(NDA : Vous noterez au passage une tentative complètement improductive de l’auteur de renouveler l’usage des virgules. Il hésite encore à les supprimer définitivement mais pense qu’il est trop vieux pour ça et craint pour son dos qui commence à le faire souffrir)

Un aveuglement probable et un éblouissement chroniques ? On peut supposer, en effet que l’illustre individu qui s’est prêté à cette expérience a accumulé les deux handicaps mais plutôt dans l’autre sens (j’ai, dans ma remarquable vie, rencontré peu d’aveugles qu’il fût possible d’éblouir). Mais une autre explication prend tout son sens lorsque l’aveugle prend la peine de tendre la main, de parcourir autant que survoler la crinière noire que la créature, misérable dans son érosion perpétuelle qui paraît encore chasser sa proie même après la mort.

« Même qu’on se dit souvent, qu’on aura une maison, avec des tas de fenêtres, avec presque pas de murs... » Jacques Brel.

Tout ça pour dire qu’il ne suffit pas toujours d’ouvrir les yeux...

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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