Jour 3, Le vieux Joe

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Je me suis réveillé les mains moites et le front en sueur. Mes jambes tremblaient, mes mains se crispaient. Le petit dormait à côté, tranquillement, probablement plongé dans un de ses rêves fous dont seul dieu en connait les clés. Peut-être cette signature de virilité flottant dans son entrejambe entretenait quelques soupçons au sujet de ses songes. Peu importe. Nous devions retrouver le capitaine, et vite.

Le Vieux Joe était un homme mauvais, terrifiant, cruel. Sa barbe sale, témoignage d’orgies innomables, de sévices les plus effroyables, était rouge, ou noir ou rousse. Elle disait les pires mots du monde au fou qui osait lui tenir tête. La dernière fois qu’on a entendu parler ce cet homme, il aurait tué un colporteur à coups de dents pour sauver un de ses vieux loups, malade. Quelle compassion. J’en viendrais presqu’à l’admirer. N’est-ce pas un magnifique paradoxe ? Un homme aussi terrible n’inspire que de la crainte et...du respect. Et c’est peut-être ça que l’on redoute le plus.

Du moins c’est ce que racontent les guides touristiques...

Au delà de la petite fenêtre de notre prison, l’horizon redevenait visible. Le soleil était sur le point de se lever. Les quelques gouttes visqueuses qui coulaient de la bouche d’Humphrey semblaient remonter. Il se reveillait, effaçant les dernières traces des songes de la nuit.
- Quelle heure se fait-il ?
- 5h.
- C’est tôt ?
- Non, nous devons sortir d’ici.
- Mais comment, maître ? La port est comdamnée.

Un doute m’assaillit. La porte. Je n’avais jamais essayé de l’ouvrir. Un sentiment de culpabilité, de haine et de hâte m’envahit.

- Petit, cela fait trois jours que nous sommes ici. Le délire nous guette, la fatigue nous abat, la faim nous tord. Peux-tu nous trouver de quoi manger dans ce trou ?
- J’y cours, maître.

Il n’eut pas l’occasion de courir. Il trébucha sur une étrange machine métallique à roues. La faim ne lui permettait plus de penser, il se releva puis se mit à chercher.

Je m’approchai de la porte. La poignée était rouillée, elle tenait à peine. Je posai ma main dessus. Comble du bonheur, mes espérances n’étaient pas vaines. Elle était ouverte. Je m’empressai de la refermer doucement, pour qu’il ne s’apercoive de rien.
- Hé, petit !
- Qu’est-ce que...
- J’ai peut-être enfin trouvé un moyen de nous évader.

"...ne jamais perdre la face..."

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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