Jour 5, deux boules dans le potage

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- Tu me les brises, abruti ! Je t’ai déjà dit qu’elle n’en avait pas !
- Pourtant j’ai crû...quand nous sommes allé la voir...
- Saoul comme un porte-manteau de cidrerie. Franchement.
- Pourtant, gros comme des marrons, s’entrechoquant comme un couple d’aveugles mimant leur dernière valse au fond d’un arc lunaire dans l’ultime wagon d’un soleil de verre.
- C’est beau ce que tu dis mais c’est complètement con. Aide-moi à porter le cerceuil plutôt !

Le capitaine avait été très discret chez Smith. De retour dans le bateau nous avons eu le droit à une correction phénomènale...Remarquez, le petit avait l’air d’aimer. Le cul en l’air qui montait, descendait et remontait, redescendait, ça en devenait hypnotisant. Finalement je ne sais pas vraiment si c’était une bonne idée de nous faire boire un bouteille de vieux rhum au goulot pour nous punir...

Malgré tout la mémoire nous revenait comme des piques de glace sur un ballon de baudruche. Finalement c’était vraiment ça notre punition. La mémoire. Quelle fourberie, quelle traîtrise...Inutile de faire un dessin.

- Ca-ca...capitaine, hip ! ..sais pas... mais dans la ca-ca...cabane on a trou-trou...trouvé un truuuuuc bizarre. u-u..u cheval, non, une machine avec des rrrrroues et on sait pas quoi c’est.
- Ah ! Votre châtiment ! Tu ne tiens plus debout, petit con ? Tu n’arrive plus à articuler ? Je vous laisse...mmm. Si vous en avez le courage, vous irez le demander à Smith... Vous-même !

A partir de ce moment, les choses se sont beaucoup compliquées. Nous n’étions plus très habiles, intellectuellement parlant, je veux dire. L’esprit vide de toute pensée logique.

- Et, dis, machin...
- Oui, ga-ga..gamin ?
- Si on prend le trrrain...
- On a-a-arrivera dans le jardin...
- Du père de l’in-in..indien ?

Nous avions beau une nouvelle fois nous évader dans notre folie, nos paroles avaient un sens, mais nous ne le savions pas encore... Nous nous dirigions vers le jardin du vieux Oldboy. Je ne sais pas pourquoi, mais nous devions savoir. Tout était si étrange depuis cette nuit chez Pucella. Tous ces souvenirs revenant à petits pas, et cet homme flou nous attendant dans la chambre. Il y avait un rapport avec Smith, c’était certain, mais lequel ? La route était longue. Quelle idée d’y aller à pied ! Soixante deux kilomètres. C’est vrai que vu du chariot du capitaine, ça paraissait bien plus court. Au moins nous avions eu le temps de nous remettre de la correction du capitaine.

Enfin nous arrivions.

- Et tu sais pas, maître, moi j’ai vu un truc pas ordinaire sous la jupe de cette fille de mauvaise vie...
- On dit "vous", quand on me parle, fiente de nain !
- Pardon. Et vous savez pas...
- Oui, bon, ça va aller...
- Et ben c’était vraiment bizarre.
- J’avais bien compris.
- Deux boules de verre accrochées à sa jarretière...
- Tu as rêvé, Humprhey. Allons voir Smith.

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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