Jour 6, Au fond du couloir, à gauche

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Le cerceuil n’était pas très lourd parce qu’il y avait encore personne dedans. Je ne trouvais pas ça très rassurant d’ailleurs. Nous ne savions pas encore à qui il était réservé. A Humphrey ? Au capitaine lui-même ? Après tout pourquoi pas, nous savions très peu de choses sur lui. Et pourquoi le capitaine nous a t-il forcé à laisser le corps de Oldboy sur place alors qu’il avait un cerceuil tout prêt à disposition ? Non, là ça devenait trop.

- Bon, les gars on va y aller. Vous savez ce que vous avez à faire. Et toi, n’oublie pas le petit service que je t’ai demandé.

La cabine du capitaine. Il m’avait demandé d’y faire quelques aménagements, très discrètement. Je ne devais en parler à personne. De toute façon je n’y comprenais pas grand chose. Sa cabine était presque vide. IL revenait d’un périple de trois années et il vrai que ça me paraissait quelque peu déroutant. Juste un bureau, un matelat, un réfrigirateur à propulsion thermo-dynamique et une machine métallique à quatre roues...La même que dans la cabane de Smith... Sans me poser plus de questions, j’ai condamné toutes les fenêtres, débarrassé le bureau. Je l’ai démonté puis rangé dans un coin de la pièce, sur le matelat que j’avais recouvert d’un film plastique au préalable. J’ai ouvert la porte du réfrigirateur et j’ai regagné mon secteur. Je n’avais rien d’autre à faire pour l’instant.

La maison de Oldboy était gigantesque. Elle dépassait de très loin la superficie du château de Versailles, jardin compris. Pas d’étage, juste un rez de chaussée. Nous l’avions même pas remarquée lors de notre premier passage dans le potager. Pourquoi ?

- Petit, ceci ne te paraît pas un peu étrange ? Tu avais remarqué cette bâtisse quand nous sommes venu ici pour la première fois ?
- Non, mais je pense savoir pourquoi.
- Ah ? Et c’est quoi ta théorie débile alors ?
- Bon, d’accord, je ne dirais plus rien. Mais c’est vous qui m’avez demandé mon avis, non ?
- Certe. Enfin, dis toujours, qu’on rigole un peu.
- Il y a des jours où vous êtes un peu pénible, maître. Ma théorie c’est que nous sommes chez la baronne Irma de Lahboolk-Wiaotoo.
- Tu n’es donc pas si stupide... Tu n’es pas tombé dans mon piège. Partons alors.

Encore un fois, j’évitais l’humiliation de justesse. Viendrait un jour où il finirait par se rendre compte de...N’y pensons plus.

Le potager était tel que nous l’avions vu la première fois. Fascinant. C’était il y a quelques jours seulement, c’était probablement normal. Sa demeure n’avait pas la spendeur de son potager. Les murs souillés de terre et d’herbe sèche. Des traces de mains sur les fenêtres et les portes, ouvertes d’ailleurs. Nous entrâmes.

- Bonjour, Monsieur !!

Pas de réponse. Il n’y avait peut-être personne.

- Humphrey, va voir dans le jardin.

Il revint très rapidement.

- Personne.
- Tu es allé voir dans la cabane ?
- Oui, et d’ailleurs la machine qui m’a valu quelques égratignures n’y est plus.
- Humm...
- Maître, là j’ai un doute affreux, on ne se serait pas fait un peu avoir, non ?
- Ne t’inquiète pas, trouffion, je fais une confiance aveugle au capitaine, et je suis certain qu’Oldboy est quelque part par là, peut-être est-il aux cabinets. Allons voir. C’est sûrement au fond du couloir à gauche, comme partout.

Je ne m’étais pas trompé.

- Monsieur Oldboy ?

Rien. J’ouvris la porte. Horreur ! Oldboy était assis sur le trône, pantalon baissé, couvert de sang.

- Poisson d’avril !!
- Capitaine ?

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