Jour 7, l’avenir des morts

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La mer était calme. Nous étions enfin parti. Le premier jour de voyage fût tranquille. Chacun exécutant ses ordres, sans la moindre discussion. Le soir tout le monde était couché pour 19h. Saif moi. Je devais rejoindre le capitaine dans sa cabine.

- Demain, quand la pièce sera entièrement congelée, tu y monteras les gros cubes de glace que je t’avais demandé de cacher dans tes quartier.
- C’est que, capitaine, ils ont fondu et...
- Sacrebleu, je n’y avait pas pensé. Nous ferons un détour un peu plus au nord, alors, et nous découperons un iceberg. Nous dirons à l’équipage qu’il s’agit d’un cadeau pour la reine. Je crois que ça devrait leur suffire pour qu’ils ne posent pas de questions.

Le capitaine n’avait besoin de moi que pour ses bizarreries. J’attendais le premier gros morceau de glace. Je sentais que ça serait long, très long... La deuxième journée était par conséquent aussi calme que la première. J’en profitai pour revenir à cet événement chez Oldboy.

- Oui, c’est moi.
- Vous nous avez suivi, alors. Pourquoi ?
- Pour vous faire une suprise. J’ai beaucoup d’humour, vous savez...
- Mais nous sommes le 10 septembre...
- Oui, bon je me suis trompé dans les dates. Mais c’est pas un problème quand on aime rire, non ?
- Ouais...C’est douteux comme blaque quand même. On a un mort sur les bras maintenant.
- Ne vous inquiètez pas pour ça. Rien de bien méchant. J’ai une petite idée sur la question...
- Vous savez qui l’a tué ?
- Ce n’est pas votre problème. Non, je parlais du cadavre, de ce que nous allons en faire.
- Ah oui ?
- Ah, oui. On va le laisser là. Avec un peu de chance personne de s’en apercevera et dans quelques milliers d’années le corps aurat totalement disparu et nous n’aurons plus de soucis à nous faire.
- Surtout qu’on sera un peu mort dans quelques milliers d’années.
- C’est un détail. Mais faites moi confiance.
- Les ordres sont les ordres...
- Est-ce que je peux vous demander quelques chose ? Demanda le petit.
- Vas y toujours, répondit le capitaine.
- Vous savez, Pucella, ben moi j’ai remarqué un truc plutôt pas normal...
- Tu ne vas pas recommencer, petit con ! Retorquai-je. Il n’y avait rien. C’est plus clair maintenant ?
- Bon, les deux andouilles, on va pas traîner. On verra ça plus tard. On y va, j’aimerais qu’on embarque rapidement si ça ne vous dérange pas.

Avec la machine à roues, les glaçons du capitaine, les boules d’Humphrey, l’inconnu de la chambre de la prostituée, le cerceuil vide et maintenant la mort plus qu’étrange de Smith et surtout l’attitude plutôt déconcertante du capitaine, je le sentais très mal ce voyage. Où étais-je tombé ? Mon seul allié et la seule personne en qui je pouvais encore avoir confiance c’était Humphrey. Cet abruti d’Humphrey. Il serait peut-être temps que je le ménage un peu, que j’arrête de lui montrer mon mépris. Il était le seul. Le seul.

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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