Jour 9, la mèche

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Nous avions eu le temps de nous reposer, en tout cas juste assez pour nous remettre au travail. J’avais eu l’approbation du capitaine pour l’aide d’Humphrey. Ses bras ne seraient pas de trop pour transporter les pavés de glace que j’avais découpé la veille au soir et laissés dans la cale. Finalement le capitaine n’avait pas besoin de l’iceberg en entier, et la cale suffisait à entretenir ce chargement. Une fois le tout déplacé dans la cabine du capitaine, nous nous arrêtames quelques minutes.

- Humphrey, tu as mené ton enquête ?
- Oui.
- Et bien ?
- Il semble en effet que le capitaine ait un complice à bord. Gaston.
- Etrange. Comment l’as tu découvert ?
- Un parchemin. Tombé de sa poche durant l’altercation d’hier.
- Ça ne m’avance pas à grand chose. Que disait-il, ce parchemin ?
- C’etait mot pour mot ce que le capitaine et Gaston se sont dit devant nous.
- Et tu as une idée sur ce que ça signifie ?
- Oui, du moins j’ai une théorie. Pour moi le capitaine est un sorte d’artiste.
- C’est vraiment débile. En tout cas ça n’explique pas cette mise en scène
- Si, justement, ça l’explique.
- Bon. J’essayerai d’en savoir plus auprès de Gaston lui-même. Le capitaine me laissera le voir. Grâce à mes talents de diplomate je peux arriver à des résultats très surprenants, tu verras.
- Ah, oui ? Et le capitaine, vous lui avez soutiré quelque information ?
- Euh.. Oui, oui. Enfin non. Mais il était pressé et...
- Je vois.
- Passons, on a du boulot.

Les gros cubes de glaces, qui avaient bien diminué durant la nuit, devaient être disposés en cercle dans la cabine du capitaine. Ensuite nous les avons superposés de façon à former un dôme atteignant le plafond. Nous y avons laissé une ouverture face à la porte de la cabine. Après nous être assurés du bon refroidissement de la chambre, la porte et l’ouverture ont été reliées par un tunnel de glace, puis nous sommes sortis.

- Maître, à propos des boules, je dois vraiment savoir.
- Il faut vraiment que tu arrêtes ça, nouille. Va dormir maintenant. Oublie ça. Nous avons d’autres chats à fouetter.

Plus tard, allongé sur mon lit, j’étais plongé un ouvrage passionnant de la littérature Swahili. Une jeune femme amoureuse d’un fabulateur... J’entendis frapper à la porte, puis le capitaine entra sans attendre de réponse.

- J’ai à te parler.
- J’ai fait quoi comme connerie ?
- Rien. Je voulais vous féliciter toi et ton ami pour le travail que vous avez accompli. Merveilleux. Pour vous récompensez je vous donne ceci.

Le capitaine tendit la main. Deux boules de verre, pas plus grosses que des marrons...

- Ami, ami... C’est que capitaine...Qu’est-ce donc ?
- Des bijoux. Je les tiens de mon père qui les tenait de son père qui les tenait lui-même de son père...Enfin vous voyez le topo.
- Oui, je vois. Mais pourquoi nous donner ça à nous ? Nous n’avons rien à voir avec votre famille.
- Non, mais ça me fait plaisir.

De pire en pire le capitaine. Le petit n’était donc pas fou. Devais-je lui en parler ? Si tel était le cas je devrais lui dire la vérité sur moi. Je ne suis pas... Pharaon. C’est terrible. En tout cas ça affutait très largement la possiblilité d’un rapport entre Pucella et le capitaine.

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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