Jour 12, le blues du capitaine

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Au matin de ce douzième jour de voyage, tout était calme, étrangement calme. Je ne pensais même plus à ces sordides histoires de meurtre... Il allait se passer quelquechose, je le sentais. Quand je suis monté sur le pont il faisait encore nuit. Mais Fiddletone était là. Seul. Entouré par les ténèbres d’une nuit sans lune. Assis sur un vieux tonneaux de rhum vide. Je n’osais pas m’en approcher. Il ne bougeait pas. Puis il m’entendit tant il est vrai que je ne suis pas très discret.

— Venez, venez approchez...

Je m’assis tout près de lui sur le même tonneau.

— C’est une bien triste nuit, vous ne trouvez pas ? Je me demande si nous y arriverons. C’est si loin, si difficile. Je crains de vous avoir demandé l’impossible.
— Je sais bien que nous avions juré de ne pas poser la question, mais où allons-nous, capitaine ?
— Et tu sais très bien que je n’y répondrai pas... Pas tout de suite en tout cas. Quand nous approcherons, si jamais nous y arrivons je vous laisserai le choix de m’accompagner et je vous expliquerai les raisons de ce mystère. En attendant faites-moi confiance... mais...j’ai peur...
— Ne vous inquiètez pas. Je suis là, Humphrey est là. Nous étions prévenus. Nous nous sommes engagés.

En effet l’annonce disait : "Recherche matelots pour voyage vers l’inconnu et plus si affinité. Pas sérieux s’abstenir". Je ne sais vraiment pas ce qui m’a pris. Ce fût aussi l’occasion du premier contact avec Humphrey. Nous nous connaissions déjà depuis un moment en réalité, nous communiquions via "le Petit philosophe chlorophage". Un ouvrage dans lequel je publiais des articles depuis déjà fort longtemps. Humphrey, qui fût choqué par l’une de mes remarques au sujet d’un éventuel investissement du parti communiste français par des sumotoris anorexiques, prît la parole pour me répondre. C’est ainsi que nous avons appris à nous connaître. Puis nous fûmes censurés tous les deux au bout de quelques échanges. Nous faisions peur. Nous avons alors décidé de nous rencontrer au Cerf-Volant de Jersey et de former notre propre parti politique. Mais le patron du café était beaucoup trop généreux. Nous nous sommes réveillé à la capitainerie, des contrats d’engagement sans rétractation possible à la main...

— Vous savez, je suis heureux que vous soyez avec moi à bord... Peu nombreux sont les hommes qui oseraient s’engager dans une telle aventure, sans rien savoir qui plus est. Mais vous saurez, oui, vous saurez...

Visiblement le capitaine était saoûl. Mais je ne lui en voulais pas... Le jour commençait à se lever et le capitaine resterai là à attendre toute la journée qu’un espoir montre son nez. Mais quel espoir ? Je rejoignîs Humphrey dans le réfectoire pour le petit-déjeuner.

— Vous avez vu ça maître ? On a le droit à du beurre aujourd’hui pour mettre sur nos tranches de potirons grillées. C’est pas beau la vie ?
— Je n’ai pas très faim.

Je lui racontai ma rencontre avec Gaston.

— En effet, maître, voilà qui peut éclairer notre affaire. Compte tenu de l’attitude du capitaine chez Smith, il devaient être complices... Ce n’est pas une affaire de jalousie d’après moi.
— C’est bien possible. Mais pourquoi le tuer ? Lorsque dans un couple l’un des deux quitte l’autre pour une tierce personne, il ne le tue pas... Il s’est passé quelque chose...
— Pucella doit avoir un rapport également avec ça. Nous l’avons oubliée dans notre enquête, mais elle est toujours présente, elle a un lien avec le capitaine et avec Oldboy.

Pucella...Que venait-elle faire dans tout ça ? Où pouvait-elle bien se placer sur l’échiquier ?

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