Les jambes tremblantes d’un jeune pestiféré en mal d’action

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Noire Bouillotte

Impossible
D’être
 
Une tortue se tapant le crâne
Sur un tas de briques à qui
 
La punaise désirante a raté
Une marche Vaucansonne.

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J’ai posé un pied dans une énorme merde de canard. Heureusement elle n’a absolument pas crié. Moi, j’étais tenté. D’autant plus que ma voiture venait de me faire le même coup en arrivant au travail ce matin.

J’ai dérogé à la règle que je me suis fixé pour ne pas éclater comme une citrouille projetée sans scaphandre sur une planète mystérieuse. J’ai préparé ma classe et se fût un drame : envie de casser beaucoup de choses précieuses (SURTOUT des vases Ming) et de souffler très fort dans le ventre de mon travail pour le faire éclater comme ma tête. Comme ça, on sera quitte.

Mais en vrai, je n’en suis très sûr. Mon travail est un traître qui ronge les gens de l’intérieur. Ça ne se voit pas au premier abord, car il commence par manger des petits bouts de cerveaux. Pas des tout gluants, mais les plus jolis, les plus précieux. C’est comme ça que mon travail nourrit son gros ventre qui ne sent pas bon : en transformant de belles choses en monstres horribles venus tout droit de nos pires cauchemar.

J’ai tenté la petite tape sur l’épaule de mon travail pour l’amadouer. Il m’a bien caché son jeu le bougre. Au début, il m’a souri, puis il a accepté de jouer un peu au ballon avec moi. Il m’a laissé gagné pendant quelques matchs. À tel point que j’ai failli baisser ma défense. Mais mon travail est méchant et parfois pervers. Et au moment même où j’allais lui donner un double des clés de mon appartement, mon travail a recommencé à grogner et s’est jeté, presque sans prévenir, sur mon estomac. Pour l’instant, il a tout juste attaqué la peau. Ça fait très mal, mais je sers fort les dents pour faire croire que je ne sens rien.

Si je le laisse faire, il mettra mon estomac à vif et la douleur ne sera alors plus qu’un moindre mal. Mon sang coulera et je ne saurai plus l’arrêter. Comme je suis quelqu’un d’optimiste, j’irai voir un exorciste pour faire sortir mon travail de mon corps. Bon, le truc cool c’est que je suis capable de faire des tas de trucs bizarres comme enseigner l’anglais (grâce à une certification magique délivrée par un centre de formation qui commence par toi et termine par une modulation de fréquence) et faire faire à ma tête plusieurs tours sur elle-même. Mais à force, c’est lassant.

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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