Journal Traverse - 53

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Mardi 30 octobre 2018

Mercredi

  • La rage au pied du robinet fume des sommets.
  • Se forcer à inclure des verbes conjugués dans un journal décousu.
  • Conjurer l’inintérêt d’une entreprise vouée à la paraphrase.
  • Je me souviens être déjà passé par là pour offrir à des chères disparues que je n’ai jamais revues.
  • L’impossible est coupable de tristesse parce qu’elle dérange le lion dans sa cage et se propage dans la foule.
  • On mourra tous très probablement de rire au fond d’une piscine vide.
  • L’univers a autant de scrupules à s’autodétruire que les chats à bâiller.
  • Les moissons s’effondrèrent le jour où Jacques le Malin changea de tête.

Jeudi

  • Les nuages se déforment en passant sous l’acropole.
  • Le journal non formulé agonise en respirant la poudre des histoires.
  • Le gardien du temple se jette sous les écrous pour se convaincre que l’empire est fade.
  • La rigueur complique l’analyse au sens où l’irrationnel n’est plus en capacité de se réaliser.
  • Des dogmes s’élèvent des montagnes d’argent.
  • François et l’ours doivent-ils se rencontrer ?
  • La fiction ne peut être passive. Aucune narration, mais construction de fragment - lier et réécrire.
  • Quelles époques traverse-t-on lorsque l’infini lui-même multiplie les approximations ?

Vendredi

  • Le soulignement des masses en rouge ne nous regarde pas.
  • Le gris plâtreux de la peau des extra-terrestres trompe les répliques : il agit de loin.
  • Les vitres se cassent même en chantant.
  • Il y a deux manières d’ignorer la peur : ne pas exister ou lui faire penser qu’elle est elle.
  • Quand on parle du loup, on ignore les non-dits qui sont pourtant une démonstration implacable de l’itération des discours.
  • On achève bien des chevaux-vapeur.
  • Il ne reste plus qu’à lui trouver un titre à carreaux.
  • Mais n’allons pas trop vite en besoin : les chats font surtout des chiens.

Samedi

  • Les gonds se sont enfin élevés contre leurs maîtres. Leur mort sera douce.
  • On ne parle jamais assez lentement des amphithéâtres qui s’écroulent.
  • Aucun jeu de mot ne traduira jamais assez mal l’échec de la dialectique.
  • L’intuition est un poisson qui se mange froid.
  • L’hiver n’est pas le seul masque que Goethe porte. Mais qui le sait ?
  • Si Mars était la seule planète habitable, ça se aurait.
  • Les secrets n’ont aucun secret pour les secrétaires.
  • Le risque de croiser un ours dans sa chambre est très faible, sauf pour celui qui y dort. Mais qui ?

Dimanche

  • Le démon m’a encore fait une offre qu’il est difficile de refuser.
  • Il y a deux catégories de vampires : les filandreux et les amoureux. Les seconds sont le plus dangereux.
  • Quand on accuse une émotion forte, il faut savoir argumenter.
  • Si je m’étais découvert dans un étang, on m’aurait aidé à surmonter l’effroi.
  • On ne peut pas capituler sans un minimum de méthode.
  • Les dentistes qui s’amusent à me voir danser sur un pied ont la dent dure.
  • Comment convaincre dieu que l’homme n’existe pas ?
  • Les remords s’appuient sur l’homme qui tient le manche et s’en débarrassent en le jetant par-dessus une montagne.

Lundi

  • Les villes à venir sont aussi creuses que le ventre qui les a fait naître.
  • Les fils et l’aiguille sont injustifiables.
  • Les sites fondent les uns après les autres. Qu’est-ce qu’on leur reproche, au final ?
  • Il n’y a aucune crainte à avoir à traverser un univers semblable à une mythologie fredonnante.
  • Est-ce qu’un achève une symphonie qui dure ?
  • Il faudrait peut-être commencer par saigner un quelconque opéra en lui poarlant d’un trésor ?
  • Est-ce qu’on réveille un concerto qui dort ?
  • Revenez demain, lorsque les chevaux seront encore vivants.

Mardi

  • Dans quelques jours, de nouvelles identités creuseront des sillons.
  • On observe dans le ciel de curieux nerfs qui ressemblent au ciel.
  • A-t-on pensé à développer les singes qui broient le papier à bulles ?
  • L’esprit descend du cousin qui descend du pléonasme.
  • Les formes s’épuisent à la connaissance de leur propre fin.
  • S’il n’y a pas de neige, cela n’empêchera en rien l’individualisme.
  • Les répétiteurs qui ont une jambe de bois s’asphyxient.
  • Le sommeil lave les insectoïdes qui m’agressent sur le divan.
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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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