Atelier d’hiver (5)

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Mardi 1er août 2017

Le texte escalier

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Le corps s’ouvre sur une violente montée de vent, le crissement des vagues verticales des murs, la frivolité des barreaux noirs dont la manifestation est l’envers creux des mésanges qui lui picorent l’oreille à chaque pas, comme si chacun d’entre eux était un tapotement du doigt sur l’épaule. Le corps s’ouvre sur une inspiration vide, l’alarme des marées blanches qui fait des prochains petits pas, une affolante échappée vers le crissement plus haut d’une interminable autre marche, celle où se rejoignent le vieillard et l’enfant sec. Le corps s’ouvre sur l’énormité noire qui se déploie entre chaque barreau. Le corps s’ouvre sur les barreaux zébrés de lumière et de peur, sur le cauchemar vieillissant qui s’accroche fermement. Le corps et son caractère qui fronce l’épaule, s’engouffre dans la longue et lente course vers des souvenirs bleus et jaunes, il y a interdit. Le corps et son caractère s’ouvrent sur l’immobilité et l’impossible franchissement, mise en boucle de la chute à mesure que les pas fondent dans la surdité de la cage. Le caractère s’ouvre sur le corps tournant, celui qui mâche chacune des contractions de chacun des muscles, dans le contrôle absolu de la vague noire entre chacun des barreaux. La vague noire sur le corps défait dont les jambes lâches s’efforcent de se démêler de leur ubiquité confondante. Démembrement d’un appel au secours, où chaque pièce du corps devient végétal mort. Le végétal-corps s’ouvre sous les craquements des pas. Les branches poussent sur le végétal-corps, les unes après les autres. Les branches du végétal-corps s’ouvrent vers les hauteurs vieilles encore, et sonnant dans le feutré des pas de laine, tissent des marches de leurs branches. Les petits pieds dans les petits chaussons s’entassent sur les marches en bois jusqu’à déborder sur les suivantes, vers les cimes du haut lieu. Le tapis beige et marron aux murs de la cage de l’escalier se grave dans le cerveau agissant de l’enfant-arbre aux petits pieds de branches. Tapis de lutte contre le vide, contre la chute du corps qui se ferme derrière le vent immobile et s’agace à agiter les feuilles déjà mortes depuis trois saisons et balayées par un coup de bleu, celui des yeux et des murs, les autres, les morcelés. Le petit homme de bois se ferme pour anéantir le vertige qui laisse quelques traces de plâtre sur ses lèvres.

 ; et pour ces escaliers ; des corps ; de poils aurai besoin ; de beaux poils noirs pour monter l’homme ; des qu’on peut marcher dessus ; des doux ; des pas tordus comme les derniers ; je ne suis pas content des derniers ; alors que oui les premiers sont bien meilleurs ; collés à l’homme ; parce que pas le moderne ; en bas de l’échelle, le premier escalier ; c’est lui ; avec ses poils ; sur le front, sur le menton ; même les femmes ; surtout les femmes ; et puis j’aurai besoin de bien robustes os ; des os pour faire tenir l’ensemble ; de bons gros os à moelle tant qu’à faire ; on nourrit le chien ; celui qui surveille nos étages ; celui-là on l’aime bien ; même s’il fait peur aux enfants ; sur chaque vertèbre il faudra qu’on fixe une côte ; et sous chaque côte, on mettra un anti-chien, tout en anti-matière ; on ne rigole pas avec les baryons ; sous les poils, des nuages de positrons ; des positrons, des poils et des côtes pour agrafer les vertèbres ; toucher les cendres venteuses quelque part tout là-haut ; ô matière infaillible et triste ; à chaque marche, on ramasse un proton pour déposer un antiproton ; ô joie de l’anti-matière ; qui colle à nos fronts les anti-poils plasmiques que les balais noient dans les interstices des contremarches ; et rebondir sur de vagues chaussures ; portées par de lointains reptiles ; fondus et dégoulinant ; amassant au passage, les poils qui traînent ; la singularité de l’escalier ; marche après marche ; marche ; marche ;

marche ;

marche ;

marche ;


marche ;

marche ;

marche ;

marche ;

marche ;

 ; des mâles anti-marches à lunettes ; et des enfants anti-marches à écailles ; les femmes anti-marches à poils ; des corps anti-marches ; et des anti-pommes marches pour mordre dans l’anti-côte marche du serpent marche ; dont chaque vertèbre écrase l’autre en chutant ;

 ; dans un puits de gravité ;

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