Atelier d’hiver (2)

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Lundi 2 Janvier 2017

Le mouvement, mais sans verbe

Pour tout savoir ET participer, c’est par là.

Une vasque trouvée, au beau milieu de la place. De la terre en pensée et au pied le goudron échoué, à l’écoulement immobile, le rayonnement des bandes blanches. Sous les pointes jaunes, la brûlure des ténèbres déversant une lave de rien à travers les saillies trouées. L’air dévalant la pente légère, vers une fosse sans parois. L’immense maison grise aux fenêtres mortes, entre le ciel et la surface bleue, tendant ses épaules pour mieux imposer son vide envahissant. Sa bouche en bois déroulant une langue de rouille sous la tête écrasée au sol et des volets scellés aux murs dans un claquement infini. Un carré de fontaine, son eau vertigineuse, aussi limpide qu’un mirage, dansant dans sa prison de pierres et écartant les côtes. Le menton posé sur l’herbe, penché, le cul pudique éjectant ses milliers de litres purifiants. A la croisée des voies, la gueule traversée par une route sans mâchoires et la langue montant vers les bois, vers le tumulus perdu dans l’humilité déroulée entre les troncs de son talus. Des maisons jaunes, enfoncées sur les rebords et projetant leur lumière brumeuse sur les papilles de goudron. Sous les feuilles pendues un conduit d’obscurité s’allongeant vers la porte écaillée, rouge, couvert par la la grisure du soleil. Le champs au bout, sur l’autre doigt. Au milieu, deux trous remplis d’eau sale, à vendre et vendus. Des kilomètres d’herbe à la poursuite de la rivière invisible sous les branches d’un automne figé, même vert. Des ratures de ciel s’enfonçant entre les racines aériennes pour dévaler l’autre pente, la vantarde. Deux roues de métal sous le chêne planté dans la rivière recouverte par le pont électrique, d’un gris-bleu immortel, gavant les sangsues d’un surplomb en forme d’ampoule. La porte vibrante, laissant passer une rumeur de mort qui résiste aux inquiétudes concises.

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