Dans le taxi, Humphrey n’a plus toute sa tête

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Vous vous souvenez peut-être d’Humphrey, ce grand clown triste de guerre flottante. Figurez-vous que je l’ai croisé, il y a deux cela pas moins de 4,6 milliards d’années, alors que la terre n’avait pas encore fait sept tours de langue dans sa poche. En arrivant sous la figure rocheuse du flibustier des neutrinos et des positons, le grand fils de marasme me fit le discours suivant.
- Vois-tu les ombres du grand chien galeux qui souffle dans les temps ? Qui coule de sang et de sueur maladroite ?
- Pas vraiment, lui ai-je répondu, pas vraiment convaincu.
- Je suis persuadé, dussé-je en faire preuve devant le seigneur, que la terre n’est pas un monument sâcré et que Dieu n’est qu’un poltron parmi les hommes.

Son regard froid et en même temps vibrant de terreur me pétrifiait. Alors que la parturition de cette boule de matière en fusion désolidarisait les sens au point de ternir l’obscurité même d’un éléphant de foire dans les méandres d’un souvenir de vacances , il n’y avait plus une seule goutte. La bouteille était vide. Vide de sens. Vide d’esprit. Un cri de joie sur une mer salée. Humphrey glissa sa main veineuse sous sa cuisse et poussa un long et douloureux soupir.
- Pourquoi, ne sommes-nous plus que des anges de flatulence condamnés à errer à l’infini dans l’abîme étroite des verbes secs ?

Finalement pour le verbe, s’en était terminé. L’ivrogne chancela sur sa chaise dont l’équilibre illustrait parfaitement les lois de la mécanique, se courba vers l’avant et d’un coup, d’un seul, le fleuve en ébullition vint s’étendre sur une mer asséchée, sans frontières.

Telle fût cette rencontre. Certes pas très flatteuse quand on y pense, mais bon, ça fait toujours quelque chose à raconter. Et c’est déjà pas mal. D’autant que cet épisode n’a d’autre intérêt que de montrer à quel point, moi, grand faiseur de monde, je puis rester digne en toute circonstance. Je n’avais pas bu une seule goûte de son breuvage diabolique, bien que la tentation fut grande. Lui ne resista point aux assauts de l’alambic, ce qui met d’autant plus en lumière mon incroyable je-moi-même, grand prince des gondoles de vénus.

Pour ce grand retour, ne m’en demandez pas plus

Tout ça pour dire qu’il faudra s’attendre à mieux...

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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