28 - Boulet, chanson, moules

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Lundi 21 mai 2013

La moule au ventre

En 2006, j’avais déjà hurlé. C’est super tentant, sept ans après, de crier de nouveau un bon coup, mais je vais me retenir parce que je suis quelqu’un de sympa, finalement, malgré le nombre de balles dans la nuque et de splendides sourires écarlates sur les gorges que je ne compte plus.

Donc, je suis heureux pour ceux qui se sont battus pendant tout ce temps pour avoir le droit de mettre un joli .bzh. Pendant ce temps là, j’ai fait des trucs. J’ai défendu avec poigne mon point de vue lorsqu’il s’est agi de choisir entre fromage et dessert, de jongler avec des boulets enflammés ou de nager tout nu en compagnie d’une famille de carcharodons carcharias s’en allant à la foire comme l’escargot de la chanson (mais en famille, donc).

Bref, c’est probablement un fait qui est totalement inaccessible à mon entendement, que je comprends pas et ne comprendrai jamais. Se battre pour le point bzh, pourquoi pas, parfois on s’ennuie dans les cabinets et il faut bien s’occuper. Mais il paraît que l’espérance de vie en bonne santé diminue sensiblement alors qu’à côté de ça, on vit toujours pluvieux. Sur quels créneaux caser les années de militantisme identitaire ? Prendre sur les belles années ? Sur les années toutes pourries où la mort nous pointe du doigt mangeant des moules ? J’aurai dû défendre le .bzh. Je le regrette aujourd’hui. J’aurais expérimenté la lumineuse futilité identitaire qui imbibe les borgnes.

Ce qui m’inquiète, malgré tout, c’est de penser que mes années de vie en bonne santé, je les aurai passées pour la plupart à m’en prendre gratuitement aux ahuris qui les ont déjà perdues. Les dernières qu’il me reste, à m’angoisser sur la maladie qui approche et qui finira bien par venir me donner de petites tapes sur l’épaule avec ses long doigts maigres et filandreux.

Une fois qu’on s’est bien assuré que les intégristes, communautaristes, indépendantistes et autres barbus à casquette de marin qui brillent par leur capacité à vivre encore au XVIIIème siècle (à la louche, je suis de nature optimiste) ont reçu leur balle dans la nuque, le point bzh, c’est rigolo cinq minutes. Mais pour se la péter dans les réceptions mondaines, le point com c’est quand même plus efficace.


Voir en ligne : Première attaque de moules.

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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