17 - Dieu, école, hochet

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Mercredi 27 mars 2013

Le non-père Thuringien du protestantisme commençait son célèbre discours ainsi : "I have a dream". Me considérant comme son égal, puisque c’est ce que l’on affirme depuis 1789, j’ai également fait un rêve. Bien plus ambitieux celui-là. Il ne s’agit pas seulement du salut de tout un peuple, ce qui est déjà pas mal mais, avouez-le, largement insuffisant, tant il est vrai qu’on peut s’attendre à mieux venant d’un homme qui parvenait si aisément à dissimuler les auréoles lorsque qu’il levait les bras pour en appeler à dieu — encore lui ; peut-être devrais-je songer à être plus vigilant quant aux individus à barbe blanche qui fréquentent mes lignes. Bien plus ambitieux, donc, le rêve s’agite.

Les membres du conseil municipal invités au conseil d’école n’étaient pas encore arrivés, que déjà, alors qu’ils tâchaient péniblement de prendre des notes, mes doigts ne savaient plus où ils mettaient les pieds. Témoignage.

Présentation.
« Quelques pages pour un peintre en bois sur une boule de sable ?
— Vous vouliez sortir un hochet de votre poche et une vague de cuir. »

Je décolle ma tête empaillée de l’oreiller creusé par des rêves sans fond, un retour de baffe, et la ronde de douze heures rebondit déjà dans mon crâne. Sous une vase rouge qui fait pleurer les lèvres, le bateau à prendre dégage une odeur d’humus qui me donne envie de plonger une épée dans un trousseau de clés, mais pas celui du chien.

Après ce démarrage d’une grande virtuosité, un brin de lumière pour alourdir la table ronde aux jolis coins en angle droit sur lesquels, oulala, le genou gauche a vite fait de perdre le nord si l’on voyage dans le sens anti-horaire ou le genou droit si l’on possède la rigidité d’une horloge.
Un conseil d’école, puisque c’est là le sujet, c’est une balade en patins à glace dans une marre de braises froides. Un envahisseur de poids nous tend la main pour s’évader vers les territoires tentateurs et culpabilisants de l’enfouissement.

Tour de table impromptu.
Certains arrondissent les chiffres sur des rebords de fenêtre. C’est, parait-il, une affaire de barrière. Un phénomène d’entraînement, de glissade vers un portillon ouvert aux contacts entre les générations. D’autres s’arrachent comme des pages mais ne gardent pas la mémoire alors même que les gouttes se souviennent de la forme du verre.

Tout ça pour dire qu’une main lourde n’empêche pas l’envol.

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De fil Mince et de Singe de Stewen Corvez est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

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