Réplique

Dimanche 23 septembre

Un postlude ?

Une métaphore et rien d’autre.

Cette nuit, je ne dors pas. Écrasé entre deux murs de béton qui se rapprochent de moi.

D’un côté, si je saute, je risque de me louper et de glisser dans le ravin. Et la chute sera longue, absolument pas directe. Je me fracasserai les os, probablement. Je me déchirerai la peau. Certains organes seront atteints au passage et me feront atrocement souffrir. Je ne mourrai pas avant d’être arrivé en bas, au bout d’une éternité.

Mais ce n’est rien à côté de l’Enfer que l’on vient de me tendre.

Cette nuit je ne dors pas. Je ne veux pas mourir. Mais n’empêche j’y ai pensé. Une violence totalement irrationnelle. Provoquée par un coup de pied dans la jambe de bois sur laquelle je tenais péniblement. Aveuglément. Simplement, au sol, il n’y a pas un ravin. Mais une broyeuse. Une croisière sur le Styx, bien préférable.

Quelques mois, à croire que le mur ne se dressera jamais, à rêver d’une réconciliation. On ne se rend pas compte, dans ces cas là, qu’on oublie juste qu’on a le canon sur la tempe. On ne sent pas la douleur, c’est tout. Ma peau se déchire, on vient de m’abattre. Personne ne court dans la rue. On attendra que je me couche pour pleurer.

L’histoire ne termine pas si mal : le Styx continue de couler et le haut des joues est sec, maintenant. La dernière fois que ça s’est accroché, je n’y pas cru. Juste une vague peur. Une représentation intellectuelle de l’horreur. Mais cette fois, je suis pris à mon propre piège. Je ne sais pas à quel point, mais j’y ai pensé.

Qu’on rigole un peu. Mange-sauvages qu’on devrait nous appeler. J’ai été stupide et naïf de croire que je pourrais traîner ma chance quelques mois de plus. On m’a laissé croire, volontairement ou non, que le marais dans lequel je surnageais n’était pas si nauséabond. On vient de me forcer à ouvrir la bouche. J’étouffe bien au-delà de la nausée.

C’est une pensée effrayante par la détermination qu’elle implique.

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