Journal Traverse - 31

, par Stewen Corvez

Mardi 29 mai 2018

Mercredi

  • Le train approche puis s e soulève : on dirait qu’il neige.
  • Entre locomotives on se regarde : la ville est folle.
  • Longtemps, j’ai couru de bonne heure. Une paire de chaussures à cent euros tous les six mois. Proust attend.
  • J’ai longtemps cru que l’impatience avait la dent dure, mais c’est que nous sommes lents.
  • Humphrey fait encore des allers-retours. Jusqu’où se rassemblera-t-il ?
  • J’ai connaissance d’une oie qi ne descend pas de l’âne.
  • Le troisième quoi ? de ce jour, on a refusé la question.?
  • Encore une incertitude coincée entre un orque et son casque.

Jeudi

  • Petit à petit, émerge l’idée antre d’une écriture à petits pas.
  • L’histoire (mais pas déchirante) des plaisanteries déchets. On l’accueille.
  • Le train de voix ne neige plus, mais il se terre dans un flanc, je ne sais plus lequel.
  • On n’évite jamais les glissements de terrain quand il y a en a : à la place, on préfère écrire.
  • L’œil du Titan observe patiemment les dents des morts.
  • J’ai croisé cet homme en bleu totalement imaginaire, mais il ne semble pas m’avoir reconnu.
  • Les flaques d’été sont encore loin. J’aimerais qu’elles viennent, elles me rassurent.
  • Quelques miettes de plus et l’énergie qu’il me reste à brûler pourra serpenter entre les barques.

Vendredi

  • Après le silence, le lourd rigolard biface.
  • Personne n’y croit plus : l’étang est vide et les soiffards évanouis.
  • Le langage du journal traverse m’échappe. L’histoire est une savonnette.
  • Dieu se larve et se met tout nu devant moi. Il n’osera pas se retourner, mais c’est juste qu’il me connaît mal.
  • L’impression d’avoir oublié d’éteindre quelque chose, mais il ne s’agissait pas d’une lumière.
  • Le livre à venir, fantôme de ce truc qui surnage dans l’estomac.
  • Lui ouvrir la porte pour qu’il ne reste pas prendre froid au pied de la falaise.
  • L’énergie de l’évitement o ù l’on se met à croire que rien ne ressemble plus à lui-même.
  • Le rien est une magie.

Samedi

  • À 8h du matin, les arbres sont tombés.
  • On a cru à une histoire terrible, mais il restait des morts.
  • Deux heures plus tard, on a ouvert les fenêtres et les murs ont disparu.
  • Je me représente Dieu comme une terrasse sans bords et sans lames.
  • Ma diction rappelle celle d’une vert caverneux. En vérité, ça n’a rien à voir.
  • J’ai encore failli créer, mais je me suis abstenu.
  • La technique de la peau de vache s’apprend à coups de haches sur les doigts.

Dimanche

  • La salle s’écoule sous les fenêtres, je m’endors.
  • Il n’y a pas de raisons de mourir du vent aujourd’hui.
  • Moi, capitaine, j’aurais dérivé jusqu’au fond de la caverne pour y réveiller un ours.
  • On ne fabrique pas un manteau avec des os.
  • On apprend à s’affirmer en tant qu’étrange acrobate.
  • Explorer la terreur annule les offrantes qu’on lui a faites.
  • Le fil du singe s’étend mais ne s’éteint pas.
  • Seulement sept.

Lundi

  • Une affaire de goûts et de couleuvres : les questions qu’on doit se poser.
  • Il y a des jours où l’insensibilité au vide rend le crâne poreux.
  • Goûter au principe des chevaux sans perdre sa propre exaltations.
  • Où l’idéalisation de l’inconnu conduit à la perte d’espace.
  • J’ai grandi en touchant du doigt l’exaspérante boulimie des dieux.
  • Le religieux, comme un trou béant mais flou, où la porte est une joie.
  • La finesse du rouge est une inconstance des rides.
  • Qu’on laisse l’animal se coucher sur le ventre, les autres suivront.

Mardi

  • Des tâchent imprécises dont jouissent mes doigts.
  • L’absence d’inconfort est un fondement glaçant.
  • Il ne paraît pas courir, pourtant j’entends ses dents claquer.
  • Je me demande de qui je parle.
  • Toute alternative est un mensonge. C’est pour ça que je suis sale.
  • En sortant de la boue, j’ai croisé un ours aussi sale que moi.
  • Il y a des jours comme ça, où le dimanche s’enfuit.
  • Arrivait-il à Hegel de sortir de son livre, même au réveil ?