Journal Traverse - 27

, par Stewen Corvez

Samedi 21 avril 2018

Lundi

  • Avant-hier
    • Avant-hier
      • Ce journal est peut-être le premier assumé comme une vieille tordue.
      • La tordue qui m’observe quand je me ronge les sangles.
      • Il faudrait peut-être penser un jour à se couvrir et à se découvrir sans craindre ni chaud, ni froid.
      • Il aurait fallu être un jeton pour se glisser dans l’enfermable.
      • J’aime ce jeu de mots : l’Enfer aimable. Je ne sais juste pas s’il lui faut une majuscule ou pas.
      •  
    • Hier
      • Non, pas encore.
      • Juste un rien, et pas de poussière.
      • Découvrir le froid. Et comme enfoncé dans le clair.
      • Il n’y a pas encore de mains, il faudra penser en en être.
      • J’aime courir, mais pas quand le coyote se fait exploser.
      • Les roches glissent et dansent doucement et sans crier.
      • J’ai peur de Lestrade, pourtant il n’est pas bien méchant.
      • J’aurais du lui ouvrir le ventre, à la place.
    • Aujourd’hui
      • Se lever tôt et renoncer à l’internement psychiatrique au milieu des années 40.
      • Parce qu’il faut revenir encore un siècle plus tôt.
      • Longue tenue de froid.
      • Et terreur et fleuve terrible.
      • Pärt et Pont-Aven.
      • Penser au deuil.
  • Hier
    • Un effort long et vert qu’il ne faudra pas enterrer.
    • La courbe se relâche.
    • Un asséchement caractéristique.
    • Pas d’aviron non plus aujourd’hui.
    • Ne croyez pas nécessairement tout ce que je dis. Sachez simplement que c’est vrai.
    • La tension se dénude. Quelque chose est trop tôt.
  • Aujourd’hui
    • Défense des contrastes.
    • Les rides sont les seuls traits inatteignables
    • Une journée entière pour 6 d’entre elles.
    • Rage.
    • Où le fond n’est définitivement accessible qu’en levant les yeux.
    • Où on sait que les digestions seront lentes.
    • Mais certaines, déjà en cours, ne courent plus.

Mardi :

  • La faim avant le déluge.
  • Je me suis demandé si aujourd’hui serait un jour de boue.
  • Je n’ai aucune réponse à l’inviolé.
  • Le froid aussi est aussi dur qu’une cigogne qui se frotte les pattes sur une brique.
  • Je ne demande qu’à passer par-dessus l’aileron du singe qui s’est caché la tête.
  • Mais je n’ai toujours pas vendu la mèche. Je m’arrangerai avec le vieux en Enfer.
  • Et c’est pour ça qu’il m’attend, un sachet de Speculoos entre les dents.

Jeudi :

  • Hier :
    • Aventures lointaines. Rappel d’une tristesse.
    • Possibilité d’un support à l’enfance.
    • Rappel de ce truc au ventre, sans manifestation.
    • En fait, sans façade, juste le débordement.
    • La grande absence. Droite et peur.
    • Le fait qu’un signe et qu’une douleur se plie à l’impossibilité de nommer.
    • La non-existence du non-matériel signifie qu’il est indispensable de le palper.
  • Aujourd’hui :
    • Un peu, encore, d’échec.
    • Se cacher derrière la terreur et la nuit des insectes.
    • Effacer la tour qui sort de terre pour explorer la neige.
    • Ce sommeil, c’est l’hideux qui passe le balaie.
    • Il y a autre chose de caché. Peut-être heureux.
    • Il faudrait sauter dans un lac rempli de trolls noyés pour que ce qui enfle là, au milieu de nulle part, me soulage.

Lundi :

  • Avant-hier
    • Hier
      • Dernier jour pour ne pas devenir fou.
      • À moins que ?
      • Des efforts pour mieux paraître. Le vent couve les odeurs.
      • Rouler, rouler, rouler.
      • Coup de téléphone à n’importe quoi.
      • Une chance de cataloguer.
      • Des collections, des couleurs, des images.
      • Il y a une passe. Et une respiration cardinale.
      • ON ne m’appelle pas pour chanter.
    • Aujourd’hui
      • La voiture pour des cartes mémoires et quelques bricoles sans importances.
      • Sinon qu’il faudra en vivre.
      • C’est imminent, et je ne peux même pas crier.
      • Je me questionne encore sur ces trolls. Je les ai pliés et envoyés. Probablement pas aujourd’hui.
      • Pas de casque, c’est édenté qu’on survit.
      • À plus forte raison, se faire tirer dessus pour ne pas avoir à coudre ses reins.
      • Possible qu’on se reparle.
      • Deuxième séance. Des roulettes.
  • Hier
    • Un réveil plein et des sommeils de croisés. Dague.
    • Ce qui broie.
    • Une lumière, presque, éteinte. Et se croiser, vague, sans soi.
    • L’immense ombre s’est levée se matin.
    • Le matin tout se fige. La clé est là.
    • Ou planquée dans une petite caisse au grenier.
    • Peut-être. Simplement, dans ma tête.
  • Aujourd’hui
    • Comme avoir bu et boire aussi.
    • Deux cas étudiés et déformés. Envoi des liens.
    • D’autres questions. Des cas de conscience.
    • Une bien étrange disparition. Mais un goût vert dans la bouche, avec du noir tout autour.
    • Trouver le nom. C’est le but ou le chemin ?
    • Croisement, hybridation des peurs.
    • Chou rouge. Il sera tard.

Samedi :

  • Hier
    • Avant-hier
      • Avant-hier
        • Il faudrait penser que soulever un bras ou deux achève.
        • Le troisième pli sera le dernier. Mais plus rien n’entrera.
        • Je ne sais pas ce que je range. Ma valise sent le meurtre.
        • En effet, les cadavres s’entassent dans ma chambre, je ne sais plus quoi en faire.
        • Rien qu’une bougie et un fond gris.
        • Il y a des phénomènes postaux dont il est impossible de se remettre.
      • Hier
        • Je ne crois plus en dieu. Il devra commencer par croire en moi.
        • Par contre, je pense que le monde est peuplé de bêtes errantes.
        • L’âme est une foutaise. Autant le signifiant que le signifié.
        • Il me parlera lorsqu’il redeviendra chair.
      • Aujourd’hui
        • Pas de définition de l’actuel. Étrange perte.
        • Les souvenirs bruissent d’un léger goût de souffre.
        • Je ne ferme pas la porte en sortant, car je pense encore à eux.
        • Des arbres et des miracles. Demain ou après demain je penserai qu’il s’agit d’une question d’argent.
        • Au demeurant, je ne perds rien.
        • J’aime penser que la foudre ne viendra pas d’en haut.
    • Aujourd’hui
      • La catastrophe n’aura pas lieu, les violences sont pendues.
      • Le chapeau est troué et c’est bien dommage.
      • Le moulin, le chien. Mais pas le chat ni le mouton et encore moins le canard.
      • Il n’y a pas d’eau, je m’étouffe quand même.
      • L’accident possible tutoie l’entrée du temple.
      • Je ne renonce pas.
  • Aujourd’hui
    • Renoncement à la surbrillance.
    • Regard de la traversée, profonde compréhension mais tristesse.
    • Le bruit des corps.
    • La frustration d’avoir à écrire immense.
    • Et pourtant, rien que peu et toujours et encore et ça.
    • L’avion écourte ses ailes pour s’enfoncer dans le jaune.